26 avril 2009

America, I'm coming!

Nouvelles aventures modeuses à mon retour...

Hedi Slimane diary

Russh Australia Issue, Brooklyn

American colors

3ème et dernière recommandation:
Passer en mode rouge et bleu pour en prendre plein les yeux…
Jalouse Feb 2009 Taylor Warren's 2/ NYC by The Sartorialist
W December 2008 (last photo with Kate)

25 avril 2009

Jaune et jolie

Madisyn pops in Jalouse & photography Numéro, The Kid by Paolo Roversi
« It » couleur de ce printemps / été 2009, le jaune n’hésite pas à nous éblouir, usant de sa pléthorique d’adjectifs pour briller jusqu’à l’hiver prochain. Qu’il soit vif, éclatant, canari, citron, serin, paille, moutarde, de chrome, de zinc, de cadmium, de quinoléine et même d’œuf (!), il n’a pourtant jamais eu sa place d’honneur dans la grande famille de l’arc-en-ciel (Oui, user de l’argument Bisounours le week-end, c’est petit et régressif. Et alors ?!)

Il en a ainsi vu des vertes et des pas mûres avant de devenir solaire, voir « Paco Rabannien » (ou zénith si c’est plus parlant…) Tour à tour soufre Luciférien, symbole de l'orgueil, de la présomption et surtout de la trahison (Judas ne cessa d’être représenté de jaune), il vêtit la courtisane sous l’empire romain, s’amalgama à l’ absurde burlesque moyenâgeux des bouffons et des nains, colora distinctivement le châle des femmes de petites vertus début 19ème, prit la forme d’une étoile dans un ciel assombri (réminiscence de la rouelle jaune déjà imposée par le Concile de Latran au 13ème siècle) et finit paradoxalement à définir le rire d’un mari trompé en quête d’un semblant de dignité…
Mais pas seulement.
Elément de « lumière » pour les indiens, il est la couleur de la robe des moines bouddhistes. Symbole de la maison impériale, de richesse et de sagesse en Chine, le jaune émerge du noir comme le soleil de la nuit et assure la fertilité. Pour cela, draps, oreillers, voiles de soie et gazes jaunes ornent la couche nuptiale…
Mais vénales comme nous sommes, il n’en demeure pas moins assimilé à la couleur du métal le plus précieux, l’or. Et accessoirement, il est resté dans un coin de notre mémoire, comme ultime séquelle pré ado, la couleur du déguisement (définitivement ringard mais émouvant) de la Fantômette que nous rêvions d’être pour la fête anniversaire de Mélanie…
flickr.wicked-halo

Bref, la déferlante jaune est belle et bien amorcée depuis l’éclosion de la teinte bouton d’or lors des présentations New-yorkaises de septembre. Moutarde chez Proenza Schouler, acide chez Marc Jacobs et Ralph Lauren ou citron chez Band of Outsider et Karen Walker. L’offensive colorée incendie les coupes les plus simples, enflammant les « upper class US » à son passage. And if the big apple becomes the big lemon…

Ralph Lauren show FW 09/ Susie de stylebubble.typepad.com by Garance / Photo by Garance Doré again

Ne fût-ce pas un certain Harry N. Allen, taximan New-yorkais qui repeignit son véhicule en jaune en apprenant que c'était la couleur la plus visible de loin ! Alors, pour ne pas passer inaperçue, les plus pointues n’ont pas hésité à « zester » leurs tenues depuis la 5ème Avenue jusqu’à Bryant Park, les accessoirisant par petites touches lumineuses afin d’offrir au jaune la possibilité d’éclore sous les frimas de mars, évitant avant l’heure le total look poussin maîtrisé (ou pas) de Pâques… Rachel Alexander by Ellen / Glamour Russie, Michael Sanders / The Sartorialist On the Street That Dress NYC

Tendance dès lors décortiquée voir mise en rondelles sur la fashion place publique par les « streetstyleuses », il n’en reste pas moins une ou deux recettes jaunies de grand-mère modeuse à suivre. www.flickr.com amalinny / Moschino Ad Campaign
De saison, le jaune se consomme sans modération en accessoire : pochettes, ceintures et talons hauts mais demeure relativement indigeste en trop grande absorption. Donc consommer-le allégé et n’oublier pas qu’il n’est pas nécessaire de séparer le blanc du jaune pour avoir un look gonflé !
Ali Stephens from no magazine

Matt Irwin Photography
Le jaune semble ainsi bien parti pour nous rester fidèle... Alors, prête pour le grand saut?

Photo Decadent Du Juan Zhang Xue Pei Bei

21 avril 2009

Enchaînées…

Regard « eyes liné » d’une mode toute de noir vêtue (deuil d’un faste Couture annoncé) sur une collection résolument gothique chic. Givenchy automne hiver 2008/09 ou comment Ricardo Tisci rendit à la multi-chaînes ses maillons de noblesse anglaise...(God saves the neo-punk spirit!)
Givenchy Fall 2008/09 RTW Collection
Les phalanges du grand Karl, précurseur inoxydable du genre, tenant les rênes de la maison Chanel et « bijoutées »* non de camélias mais de roses, croix et têtes de mort contribuèrent fortement à nourrir notre inconscient de « bikeuse » en herbe…Vaguement avachie sur la mob du cousin qui prônait fièrement un « Cédric » sur une maille gourmette tour du cou. Parfois, vieillir a du bon.
Bref. D’or, (d’argent) et déjà, l’engrenage de la joaillerie « rockabilie » était amorcée et sa mécanique bien huilée ne cesserait de faire des victimes (au demeurant fashion bien sûr).
Pied de nez cinglant aux représentations médiévales où crânes et consorts morbides se devaient de rappeler leur condition de simples mortels aux pêcheurs et la futilité des biens terrestres face au spirituel.
Qu’a cela ne tienne, le 21ème siècle sera mystique ou ne sera pas**, et c’est cou et poing liés que les babies rockeuses se mirent à jouer de la tendance se parant de dark empreintes aux clous, croix, vis et chaînes saillantes, tandis que serpents, aigles, tigres et autres rugissants exorcisaient couleurs, matières et volumes.
Travail d’orfèvres ou davantage de vulgarisation visuelle cheap, qu’importe. Les Inrocks, les autres restent, bouches bées et salive « filetisante » en quête d’un décryptage de cette symbolique esthétique entremêlée. Connotation Goth, Goth metal, dark, dark punk voir dark Goth metal…?!

It matters little, just rock your jewels!

Modelcouture / The Fashion

Parmi les maillons forts, Thierry Gougenot officie sous sa marque Corpus Christi avec une collection de bijoux gothico-sacrés arborant têtes de mort, croix christiques ou couronnes, ailes célestes, sautoirs rehaussés de poignards, reliquaires et autres memento mori.
Le designer allemand René Talmon L’armée, quant à lui, fantasme une nature empreinte d’une poésie baroque dévoilant ailes de libellules et perles tahitiennes argents, noires ou corail blanc aux prises de serres aux métaux prometteurs...

www.renetalmonlarmee.com

Etendard de perles baroques oversized, diamants noirs, lacets de cuir, têtes de mort et vanités comme promesse d’une victoire cinglante. La haute fantaisie semble voler la pierre sacrée de la joaillerie. C’est du moins ce que laisse sous-entendre les inspirations de Delfina Delletrez, fille de Sylvia Venturini Fendi (ou petite fille de la marque éponyme si cela vous parle d’avantage!) et du joaillier Bernard Delettrez. http://www.delfinadelettrez.com/apps/site/index.php#

Atmosphère victorienne pour l’anglaise Gisèle Ganne et ses bijoux empreints d’histoire(s). Couleurs ténébreuses à l’imagerie macabre, ses créations font corps avec un passé gravé de légendes urbaines…
Les bijoux d'Ela Stone n'ont pas fini de rugir : manchettes cloutées ou surmontées d'une tête de lion et gourmettes aux accents vintage. Ringardisées, elles redeviennent pièce maîtresse d'un look glam'rock sauvage.

Enfin, Adeline Cacheux et son « A/C » so Heavy Metal. La simplicité et l’authenticité des lignes transcendent ce « métal lourd » offrant pureté à des formes intemporelles qui ne demandent qu’à rocker. Culte invétéré à Charles, son sautoir en maille gourmette argent, le seul à rester pendu à mon cou des heures…Unique et essentiel…Comme (un lien avec) celui qui me l’offrit.

www.adelinecacheux.com et
http://www.lexpress.fr/styles/mode-beaute/mode/adeline-cacheux-la-poesie-de-l-argent_753907.html

Devant cette tendance lourde et massive, il était donc prévisible que les mailles se déchaînent : jaseron, serpent, anglaise et surtout forçat***, offrant alors un éclatant paradoxe dont seule la Mode sait se parer et selon lequel jamais les silhouettes enchaînées n’auront semblé aussi libres !

Harpers Bazaar Oct 08

* Créations du talentueux Richard Stark, designer de la marque californienne Chrome Hearts
** mots d’André Malraux
***http://fr.toluna.com/polls/173346/Bijoux...vous_connaissez_les_diff%C3%A9rents_types_de_maille

17 avril 2009

Stilettos & the City

Memento N°2:
Ne pas hésiter à prendre de la hauteur...
Pour ramener quelques vertigineux souvenirs!
Express Styles March 09, blog Sxy Fashion Queen : Sarah Jessica Parker & Christian Louboutin trash shoe

14 avril 2009

Training before New York

Reminder N°1:
Move as a NYC girl...

Just in case...Have a subway map!


Sources : annawolf.com & theyellowkid.files.wordpress

10 avril 2009

Mo(n)des et merveilles…

Indices perdus dans un jardin mélancolique
Féeries entêtantes d’une quête enfantine
C’est dans ses songes, depuis lors nostalgiques
Que s’entremêlent chocolats, bonbons et nougatines
Plumes, dentelles et soies se rappellent encore
Du temps où elles valsaient à l’ombre du soleil
Protégées d’une ombrelle, amies d’autres trésors
Costumant des poupées au teint de caramel
Des bruissements d’ailes, une cage renversée
Les regrets et les colombes, un jour doivent partir
Une larme se dissimule, les yeux demeurent fermés
La belle, immobile semble toujours dormir…

SB
decadent Magazine An Other Photographers Horst Di / raben-schwarz.blogspot.com / Unknown source / PAOLO ROVERSI photographer / Muse April 08

9 avril 2009

Denimology by Margiela

Martin Margiela, couturier invisible.
Rien à quoi se raccrocher si ce n’est l’effilochage de ses expérimentations denim ! Alchimiste de la matière, il explore le blue jeans, le dissèque pour mieux le maîtriser…
Pêle-mêle de mots d'une lexicologie très Maison Martin Margiela...
EFFiloché, EFfrangé, LaCéRé, DEnudé, dELUréDeSTRoYed, RoCK, GrUNg
CuttERS, JavEL, EpINgles à nOUrrice
RiGOuReux, routant, GaLvAniSanT

Sources : French Vogue, Jun 08, Mario Sorrenti Photographer / Another Magazine SS09 & Jalouse April 09, Hugues Laurent Photographer / Styles.com SS 08 / Série 2x2 Margiela by juergen teller for Purple Magazine

7 avril 2009

Tu me fais tourner la tête…

Pour démarrer le printemps sur les chapeaux de roues, il vous suffit de décrocher du porte manteau au moment d'un délicat virage salon/couloir à grande vitesse, le « it » accessoire, paramètre indispensable d’équilibrage pour rester en tête de la tendance 09.
N’oubliez pas l’approvisionnement en carburant puisque c’est en Equateur que nous conduit le chiquissime panama.
Fameux chapeau aux bords larges, constitué de paille tressée de feuilles des lataniers de la république de Panama, son appellation vient de la construction du canal pendant laquelle les ouvriers le portaient, luttant ainsi contre les ardeurs d’un soleil tropical.
Détourné depuis du vestiaire masculin, n’oublions pas qu’il a traversé les continents et les époques pour éviter que nous passions les beaux jours tête nue.
Il a transcendé les générations. On connaît la chanson, Piaf nous a assez répété l’entêtant : « panam'a, panam'a » (Tiré par les cheveux ?! Mon humour du mardi vous salue chapeau bas…)
C’est un come-back remarqué fin 2007 sur les chevelures des trend setteuses Kate Moss, Lindsay Lohan ou Keira Kneightley qui le positionne définitivement en tête des couvre-chefs « hypes ».
Symbole d’un classicisme inaltérable, allié de la veste smoking ou la petite robe noire chère à Mr Ludot, il signe toute silhouette et promet de faire twister nos basiques.
Pour ma part, je suis chanceuse, une vraie tête à c… (Les esprits mal placés, vous abstenir) Alors, prêtes à porter le chapeau?!
5…4…3….2….1…
Vient alors le délicat choix de celui qui vous accompagnera lors de vos balades vélibesques ou en barque au Lac de Vincennes…Tête chercheuse, vous êtes loin de vous faire coiffer d’un quelconque galurin de paille sommairement tressée et qui en prime gratte plus que de raison au prétexte qu'il possède un galon de gros grain noir. Bête de mode ok, mais, « rumineuse » de foin, no way !
L’équipe technique vous attend sur le stand pour une vérification du nom "Panama", marquage nécessaire à l'intérieur et vous conseille de privilégier l'appellation "véritable panama" pour se la jouer chic et choc! (Pas d’inquiétude, la hypitude se veut à la condescendance et planquée derrière vos Wayfarer, vous ne risquerez pas grand-chose…)
Summum du dandysme, certains modèles ultra souples haut de gamme (le panama Montecristi extra fino pour ne citez que lui), se roulent pour un transport plus aisé…What else ?
Alors à vos panamas car celles qui ne l’auront pas risquent fortement d’en baver des ronds de chapeau ! Impossible de terminer ce billet sans tirer mon chapeau à Monsieur Giuseppe Borsalino (imaginez, mon panama main gauche et mon clavier sous la droite…) qui, chapelier…de son état, conçu….en 1857…..Arrrghhh….. (Ben forcément à une main c’est plus dur de rédiger !) un couvre-chef dont le feutre était fabriqué en poils de lapin. Port de tête gangstérisant pour l'Eleganza italiana qui en fit son emblème de prédilection pour sa finesse et sa souplesse.
Le Borsalino sera plusieurs fois primé lors des différentes Expositions Universelles de Paris (1900 et 1931) et de Bruxelles (1911) et le modèle emblématique de la maison, le Fedora (cuir intérieur et coiffe de satin) aura un succès sans nom…Ou du moins au nom confondant puisque surnommé à tort « Borsalino » suite au succès du film du même nom de Jacques Deray où les charismatiques Belmondo et Delon, gangsters des années 30, cachaient leur brillantine sous ce stylish hat!
Depuis, de douces réminiscences gangsters continuent de déambuler hautes et fières sur les poupées rockeuses en « mâle » d’Al Capone…
SB
Sources: mixologies Velvet Marcus Ohlsson & marek and associates / Junya Watanabe on Flickr & rephoto.jpn.org / Topsy Turvy Raquel Zimmermann

6 avril 2009

Chair et tendre

Quand l’œil se joue des chairs obscures…
Sources : beautifulpictures.tumblr.com

3 avril 2009

Aren’t you a geeky girl?

Photos decadent & community.livejournal.com ru_glamour
On a toute une geeky girl planquée en nous…Si, si, cherchez bien.
C’est un peu douloureux cette introspection en veille de week-end mais je vous parie que votre moi profond abrite un Dr Jekyll, euh pardon…Un Dr « Geek-il » et sa barrée de Mrs Hyde (rebaptisée pour la modeuse occasion Mrs Hype), lunetteuse et férue de High Tech, internet et autres gadgets « playstation-nesques ».
Allons, allons, nier est un premier pas vers l’acceptation, n’est-ce pas Docteur ?
N’avez-vous jamais consulté frénétiquement votre profil facebook en allant aux toilettes du Mama Sheller ou autres Chacha Club? Jamais lorgné de votre « smoky eye » la fashion clé USB diam’s de chez Colette ? Et ces incessantes visites « Fnac-quiennes » dans l’espoir que le kawaï Netbook vous fasse un clignotement d’écran…
Vous niez encore ? Genre « Non, non, moi je rêve de voyages et d’exotisme… »
Et n’avoir pas su résister à la glamour promo "partir à Tokyo, pas cher" d'Opodo en vous répétant que le sublime Bay Chloé attendra bien encore un peu à l’espace Twin 7 avant de se balader à votre bras, isn’t a real geeky repression Dr Geekil ? (D’ailleurs le mot "balade" ne vous est même pas venu à l’esprit puisqu’en quelques clics exaltés la visite du château de Versailles s’achève et quelques zooms « google earth-iens » plus loin, vous apercevez le quartier d’Akhihabara*, haut lieu de chasse aux derniers gadgets flamboyants !
Bien sur, la « geekette » (Van Damme’s touch pour franciser un peu ce post) revendique une approche davantage ludique et design de l’objet tant convoité, à la différence de son consort masculin, Mister Performer et de son gène dominant « je pulvérise tout le monde et je sauve la princesse avec 15 vies d’avance...»
De gauche à droite et de haut en bas (!) : ahtrine.com.br / thinkingforaliving.org-blog-entry-did-you-ever-imagine / Yeah Oops! /tumbl.us - a tumblelog

Plus qu’un look à la paire de lunettes collée serrée à la pupille, au T-shirt ample «University of Connecticut » dans le slim au revers saillant et à la bretelle brettelant ou le nœud pap’ papillonnant (british elegance de rigueur même au risque d’une déglutition entravée), c’est une attitude dont les codes ne cessent de se brouiller qu’il nous est demandé de maîtriser...
Adulée des pages mode et de leurs rédactrices, scénarisée dans tout bon soap movie, la geek attitude peut en effet à tout fashion faux pas basculer « nerd » risquant ultimement de finir « nolife**»! Car si la geekette update son twitter à l’espace mens underwear du Bon marché (« oui, oui, le modèle bayadère est superbe chéri… ») ; la nerd n'en demeure pas moins reconnaissable à son cheveu gras et son geignement sourd, bloquée au fond de son "american locker"...
SB

* Akhihabara, le quartier High Tech de Tokyo
** http://www.travailleursduweb.com/2007/12/23/geek-nerd-nolife.html
Photos decadent Paolo Roversi, Vogue UK & decadent Tales Of The Unexpected