7 avril 2009

Tu me fais tourner la tête…

Pour démarrer le printemps sur les chapeaux de roues, il vous suffit de décrocher du porte manteau au moment d'un délicat virage salon/couloir à grande vitesse, le « it » accessoire, paramètre indispensable d’équilibrage pour rester en tête de la tendance 09.
N’oubliez pas l’approvisionnement en carburant puisque c’est en Equateur que nous conduit le chiquissime panama.
Fameux chapeau aux bords larges, constitué de paille tressée de feuilles des lataniers de la république de Panama, son appellation vient de la construction du canal pendant laquelle les ouvriers le portaient, luttant ainsi contre les ardeurs d’un soleil tropical.
Détourné depuis du vestiaire masculin, n’oublions pas qu’il a traversé les continents et les époques pour éviter que nous passions les beaux jours tête nue.
Il a transcendé les générations. On connaît la chanson, Piaf nous a assez répété l’entêtant : « panam'a, panam'a » (Tiré par les cheveux ?! Mon humour du mardi vous salue chapeau bas…)
C’est un come-back remarqué fin 2007 sur les chevelures des trend setteuses Kate Moss, Lindsay Lohan ou Keira Kneightley qui le positionne définitivement en tête des couvre-chefs « hypes ».
Symbole d’un classicisme inaltérable, allié de la veste smoking ou la petite robe noire chère à Mr Ludot, il signe toute silhouette et promet de faire twister nos basiques.
Pour ma part, je suis chanceuse, une vraie tête à c… (Les esprits mal placés, vous abstenir) Alors, prêtes à porter le chapeau?!
5…4…3….2….1…
Vient alors le délicat choix de celui qui vous accompagnera lors de vos balades vélibesques ou en barque au Lac de Vincennes…Tête chercheuse, vous êtes loin de vous faire coiffer d’un quelconque galurin de paille sommairement tressée et qui en prime gratte plus que de raison au prétexte qu'il possède un galon de gros grain noir. Bête de mode ok, mais, « rumineuse » de foin, no way !
L’équipe technique vous attend sur le stand pour une vérification du nom "Panama", marquage nécessaire à l'intérieur et vous conseille de privilégier l'appellation "véritable panama" pour se la jouer chic et choc! (Pas d’inquiétude, la hypitude se veut à la condescendance et planquée derrière vos Wayfarer, vous ne risquerez pas grand-chose…)
Summum du dandysme, certains modèles ultra souples haut de gamme (le panama Montecristi extra fino pour ne citez que lui), se roulent pour un transport plus aisé…What else ?
Alors à vos panamas car celles qui ne l’auront pas risquent fortement d’en baver des ronds de chapeau ! Impossible de terminer ce billet sans tirer mon chapeau à Monsieur Giuseppe Borsalino (imaginez, mon panama main gauche et mon clavier sous la droite…) qui, chapelier…de son état, conçu….en 1857…..Arrrghhh….. (Ben forcément à une main c’est plus dur de rédiger !) un couvre-chef dont le feutre était fabriqué en poils de lapin. Port de tête gangstérisant pour l'Eleganza italiana qui en fit son emblème de prédilection pour sa finesse et sa souplesse.
Le Borsalino sera plusieurs fois primé lors des différentes Expositions Universelles de Paris (1900 et 1931) et de Bruxelles (1911) et le modèle emblématique de la maison, le Fedora (cuir intérieur et coiffe de satin) aura un succès sans nom…Ou du moins au nom confondant puisque surnommé à tort « Borsalino » suite au succès du film du même nom de Jacques Deray où les charismatiques Belmondo et Delon, gangsters des années 30, cachaient leur brillantine sous ce stylish hat!
Depuis, de douces réminiscences gangsters continuent de déambuler hautes et fières sur les poupées rockeuses en « mâle » d’Al Capone…
SB
Sources: mixologies Velvet Marcus Ohlsson & marek and associates / Junya Watanabe on Flickr & rephoto.jpn.org / Topsy Turvy Raquel Zimmermann